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Actualité Politique
Affaire Tapie : s’il est condamné, le PDG d’Orange devra partir, estime Le Maire
Le ministre de l’Économie a indiqué dimanche que si une condamnation était prononcée contre Stéphane Richard dans l’arbitrage Tapie, il devrait quitter ses fonctions chez Orange.
Source AFP
Publié le 21/01/2018 à 14:55 |

Bruno Le Maire édicte les règles en vigueur sous sa direction à Bercy. Dimanche, sur BFM, le ministre de l’Économie a indiqué, à titre d’exemple, que dans le cas où Stéphane Richard, qui pourrait être reconduit à la tête d’Orange pour un nouveau mandat (le troisième), était condamné dans l’affaire de l’arbitrage impliquant Bernard Tapie, alors il devrait quitter « immédiatement » ses fonctions. « Pour toutes les entreprises publiques qui sont sous ma responsabilité de ministre de l’Économie, les règles du jeu doivent être claires : s’il y a condamnation du dirigeant, il y a départ immédiat du dirigeant », a déclaré le locataire de Bercy.
Le mandat de Stéphane Richard arrive à échéance, mais ce dernier a indiqué en décembre être candidat à un troisième mandat de quatre ans à la tête du groupe de télécoms. « C’est la gouvernance qui doit décider », a déclaré Bruno Le Maire, indiquant qu’un comité de nomination devait se réunir à la fin de la semaine et qu’il serait suivi par un conseil d’administration, puis par l’Assemblée générale du groupe.
Louanges et affaires judiciaires
L’État est actionnaire à hauteur de 23 % du capital. Le ministre de l’Économie a souligné que Stéphane Richard avait « fait du bon travail à la tête d’Orange ». « Il a pacifié une entreprise qui, souvenez-vous, était dans une situation de conflit social, de souffrance des salariés considérable », a-t-il dit, soulignant par ailleurs qu’il avait aussi « réussi en investissant davantage sur la fibre, sur des secteurs d’avenir ». Mais le PDG, qui fut directeur de cabinet de la ministre de l’Économie Christine Lagarde, a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée depuis 2013 dans l’affaire de l’arbitrage Tapie et doit être jugé pour « complicité d’escroquerie » et « complicité de détournement de fonds publics ».
« S’il y a une condamnation de Stéphane Richard à un moment donné il remettra immédiatement son mandat », a assuré Bruno Le Maire. Interrogé sur la condamnation du patron de Radio France Mathieu Gallet pour favoritisme lorsqu’il dirigeait l’INA, Bruno Le Maire a estimé que c’était au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de dire s’il devait quitter ses fonctions, soulignant que dans l’audiovisuel public, les règles de nomination étaient « différentes ».
Mardi, la ministre de la Culture Françoise Nyssen avait appelé Mathieu Gallet, qui a fait appel de la décision du tribunal correctionnel de Créteil, et le CSA à « tirer les conséquences » de sa condamnation, en jugeant que son maintien à la tête de Radio France n’était pas « acceptable ». Mathieu Gallet avait prévenu avant même le verdict qu’il ne démissionnerait pas de la présidence du groupe public, et irait jusqu’au bout de son mandat qui expire en mai 2019.

